Immobiles (2)

Du parfum je n'ai eu que la trace d'abord et puis le reste est arrivé par la fenêtre (je ne verrai mais que plus tard qu'elle était close fermée par je n'ai jamais compris qui) comme en bourrasques en vagues des images des mots des gestes des silhouettes des tombereaux de souvenirs dont je ne savais que faire tout cela déboulant du dehors de moi du fond de moi c'était soudain juste la même chose le dehors le dedans j'ai eu le temps de me demander où étaient passées mes limites ma propre frontière et puis c'est arrivé sur moi une avalanche sans doute qu'une avalanche laissait la même cette impression de ne plus rien tenir contrôler du monde de soi j'ai préféré me laisser emporter et tout s'est mélangé avec toujours ces odeurs folles qui me heurtaient et repartaient et revenaient j'ai encore pensé en reviendrai-je et puis plus rien il n'y a eu plus rien de moi que des choses enfouies qui remontaient et sans arrêt et sans arrêt jusqu'au moment où la suffocation m'a ramené je suis revenu je n'avais pas bougé et le monde non plus tout ça parce que depuis je ne sais où un tilleul haut et fleuri depuis peu avait trouvé l'une de mes failles et s'y était ancré faisant tout exploser et de moi décimant toute sérénité.

Commentaires

ce sera bien un jour de programmer lecture haute voix de l'ensemble... façon de ta syntaxe de déplacer son mode d'organisation à mesure du texte qui avance...

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