Immobiles (7)

De nous éteindre toute lueur et tout regard et tout espoir et la plus infime des traces de nous et tout souvenir et puis tout nom et puis tous nos objets et nos maisons et nos amis et nos amours et nos enfants ceux qui naquirent et ceux qui ne naquirent pas qui demeurèrent imaginés rêvés et nos promenades et nos éclats de rire et nos coups de colère et nos sourires et nos tendres nos gestes tendres et nos amours et tous nos morts et toutes les fêtes que nous fîmes avec eux et sans eux et ce n'était plus les mêmes fêtes plus les mêmes chants plus les mêmes rêves plus la même vie et tout cela à recouvrir à mener à son but à étouffer tout doucement jusqu'à n'en garder même plus le goût.

Commentaires

Amertume..
(juste ce mot en lisant)

à ce chant filé, des souvenirs du son de Tzara ou des syncopes d'Alcools

Vous me reconduisez à un de mes rêves, rêve d'un trope flottant, c'est une étrange idée philosophique, dont on dit qu'elle est l'iée d'une chose impossible et à laquelle je pense souvent. Penser à une idée impossible est une activité intensément mélancolique. Et si un trope flottant est une trace qui s'efface, alors c'est à cela que me reconduit votre texte, avec toute la nostalgie qu'il y a dans l'effacement des traces et dans le goût de la vie qui passe.

[...] Posted in Fronce, Prose by dbourrion on 2 juin 2009 nos souvenirs à peine morts à peine froids que nous trouvions à chaque éveil autour de nous couchés là étendus là tels animaux petites [...]

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