Chant du cygne

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Rapides commentaires - je voulais ne pas, mais votre billet (entre autres choses) m'a littéralement empêché de dormir. Donc, en vrac (vous ferez le tri) :

- d'abord, demander depuis quand vous n'êtes pas entré dans une bibliothèque ou une médiathèque. Parce que pour ignorer à ce point le travail (bien que toujours insuffisant) qui s'y fait quotidiennement pour diffuser la culture et les idées par tous les moyens (entendez, supports ou médias) possibles, la seule explication que je trouve est que vous n'y mettez pas les pieds : ce n'est pas pensable sinon de méconnaître ou de ne pas voir les efforts faits dans ces lieux pour que tout ce que la créativité humaine peut produire, soit mis à disposition, sous toutes les formes, au plus grand nombre ;

- m'interroger sur ce mélange que vous faites entre le support et ce qu'il contient/transporte (enfin, vous ne savez toujours pas que peu importe le flacon, etc." data-share-imageurl="">

à Yann Moix

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Rapides commentaires - je voulais ne pas, mais votre billet (entre autres choses) m'a littéralement empêché de dormir. Donc, en vrac (vous ferez le tri) :

- d'abord, demander depuis quand vous n'êtes pas entré dans une bibliothèque ou une médiathèque. Parce que pour ignorer à ce point le travail (bien que toujours insuffisant) qui s'y fait quotidiennement pour diffuser la culture et les idées par tous les moyens (entendez, supports ou médias) possibles, la seule explication que je trouve est que vous n'y mettez pas les pieds : ce n'est pas pensable sinon de méconnaître ou de ne pas voir les efforts faits dans ces lieux pour que tout ce que la créativité humaine peut produire, soit mis à disposition, sous toutes les formes, au plus grand nombre ;

- m'interroger sur ce mélange que vous faites entre le support et ce qu'il contient/transporte (enfin, vous ne savez toujours pas que peu importe le flacon, etc... ?) ; me dire que c'est une nouvelle manifestation du syndrome du Doudou (mon invention) qui fait qu'en un monde où tout bouge, on se raccroche à un objet rassurant, un livre papier, par exemple, pour avoir moins peur ;

- mettre le doigt sur le fait que prétendre que la littérature ne se goûte qu'en pléiade, c'est ne pas se rendre compte que la plupart des lecteurs ne peuvent pas se payer de tels objets (heureusement, par les biblio/médiathèques dont vous riez, ces textes sont à la portée de tous, y compris et surtout des moins fortunés, y compris également via le numérique qui démultiplie tout cela - et du Proust sur une liseuse ou sur un écran, croyez-moi, ça garde toute sa fraîcheur ; d'ailleurs, je vous fiche mon billet que Proust, du numérique, il s'en serait régalé : imaginez ce qu'il aurait fait d'un blog littéraire, avec la possibilité que ça a d'ajouts infinis... Tu l'imagines, le Marcel et ses paperolles, jouer avec un blog ?) ;

- me dire que c'est triste de voir un auteur ne pas comprendre la force de frappe que le numérique donne à la littérature et à ce qu'elle a d'essentiel et de subversif. Vraiment, c'est triste ;

- remarquer le paradoxe qu'il y a à utiliser ce support numérique que vous dévalorisez, pour faire l'apologie du support papier - que n'utilisez-vous une bonne revue papier pour cela ?

- penser que derrière votre discours sur le déclin du livre, j'entends surtout, avec d'autres discours disons rétrogrades ou réactionnaires du même type, cette espèce de chant du cygne d'un monde qui se voit débordé de toutes parts et qui se rend compte qu'il ne contrôle plus rien. Le numérique et la littérature sur le numérique n'a plus besoin des instances de validation symbolique qu'étaient certaines revues (suivez mon regard) et/ou certaines maisons d'éditions (re-suivez mon regard). En cela il remet en cause des pouvoirs et des institutions, et en cela, il dérange, on dirait.

- dire que vous ne changerez sans doute pas d'avis mais que ce n'est pas grave, puisque tout cela (la migration de la littérature vers le numérique) se fera de toutes les manières parce que la littérature trouve toujours le meilleur moyen de se diffuser et qu'en l'espèce, le numérique sous toutes ses formes est exactement ce dont elle (la littérature) avait besoin pour aller plus loin ;

Vous voyez, nous ne sommes pas d'accord. Du tout. Et sur rien. Mais ce n'est pas important (cf. le paragraphe ci-dessus).

Le plus drôle, pour finir, c'est que je suis conservateur des bibliothèques. 

Commentaires

 

Sur le blog de Yann Moix, pas de commentaires me semble, alors ici, je squatte

*

Quand je lis Proust, je veux savoir où j’en suis.” – Vous pouvez vous reporter au manuel de votre appareil (papier fourni, parfois, directement sur l’appareil ou en ligne) qui vous indiquera comment faire. Par exemple sur mon smartphone, l’application Aldiko 2.0 permet, en tapotant une fois la page à peu près au milieu, d’afficher une barre de progression (à la manière de l’ascenseur que j’observe en lisant votre longue plainte). Sur iPad je crois qu’il faut passer le doigt en bas de l’écran. On sait toujours, la longueur est toujours là, pas de faux argument ici.

 

99% des livres qui me restent à lire, d’ici ma mort, je les possède déjà.” – Alors vous pourriez aussi bien mourir maintenant, vous enfermer isolé de la vie autour, en une tour sans porte ni fenêtre., Pour ma part ce serait plutôt, disons 70 à 80%, de ce que je lirai d’ici ma mort qui n’est pas encore publié.,

 

PS / J’ai toujours du mal à comprendre que ce genre de plainte anti-numérique puisse être publiée sur blog…

 

je suis pas trop sourcilleux en général mais là ça m'écorche le récepteur grammatical droit : 

... le numérique [...] est exactement ce qu'elle ([...]) avait besoin...

ce dont elle avait besoin ?

sinon merci pour le texte, juste, évident.

Merci pour avoir remarqué cette erreur maintenant corrigée.

D.

Ce qui me déplait le plus dans ce billet de Yann Moix, c’est cette phrase de conclusion : « A l’heure où je vous parle, je suis en train de me faire confectionner une grande, très grande bibliothèque, absolument magnifique, dans mon appartement. ». La finalité de ce texte est-elle vraiment de remettre en cause les mutations opérées par la profession, ou, plus insidieusement, de dynamiter l’idée même de bibliothèque « publique ».

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