Supper's Ready

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L'autre versant dont on ne sait plus comment l'articuler à celui de la bande hirsute qui nous faisait une noire voie lactée de posters tant le temps est une boule dure qui agrège tout et dedans laquelle on finit par ne plus distinguer rien, sur laquelle on se casse vainement les ongles à essayer de l'ouvrir s'imaginant qu'elle cache quelque secret, un mystère, une explication à ce qu'on est maintenant debout dans un futur devenu présent un moment, le temps de le dire de l'écrire, l'autre versant à l'étoile maquillée débordante de Rimmel rouge à lèvres qu'on avait tenté d'être sans grand succès et qui à chercher devait avoir été juste avant, devait avoir précédé l'épisode New Wave et irait en parallèle même si éclipsé par le choc des grises rouges pochettes carrées, ce serait ces groupes venus d'avant, ayant précédés dans l'histoire des sons la bande de Robert et dont on ne saurait jamais si quelques influences n'en seraient pas décelables dans la musique de ce dernier – de la théorie on n'avait cure et du discours dessus encore moins quand ce qui comptait c'était d'être seul dans sa chambre à détailler chaque centimètre du plafond pendant que des enceintes poussées à fond tomberait la mélopée de soi, ce qu'on prenait comme tel du moins et pour le dire, ça faisait bien l'affaire, il fallait bien, il n'y avait pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent.

On pourrait là rester longtemps à rêver des lieux que personne ne voit et à faire de la réalité ce qu'on voudrait qu'elle soit en regardant sur sa chaise le noir blouson qu'on ne portera qu'une saison, on pourrait écrire encore sans poser encore un seul mot sur le papier même si ce n'est pas écrire sauf à se dire que c'est déjà écrire que de tordre le monde, on ne sait pas en ce temps-là que le monde se fiche de son côté de nous et puis du reste, on pourrait s'oublier ici mais on entend appeler depuis l'étage dessous le dîner est servi oui le souper est prêt et tout le monde t'attend, on reste encore un peu debout à attendre la fin du solo ressemblant à une charge folle en pleine bataille en imaginant la tablée, la même que celle à laquelle on pense dans le maintenant, celle où tout le monde patiente et où les absents sont toujours là, on fait se taire cette musique-là mais l'on entend dedans ce qu'elle résonne toujours, la petite musique qu'on est, le dîner est servi, le dîner est servi, ces phrases ou autre chose, ce que le temps en fait, et ce qu'on peut en dire, ce qu'on en racontera — le dîner est servi.

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