Grumeaux

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Tout est possible alors dans ce temps qui n'est pas encore de grumeaux et dans lequel on avance sans regarder en arrière, dans lequel on compte les jours et ce sont des heures, dans lequel on cherche des moyens d'amasser les maigres sommes qui paieront le prochain carré de carton et sa rondelle de plastique à faire trembler les murs, on ira bientôt faire le peintre d'été et passer ses journées à changer la couleur du monde, en l'occurrence celle saumon rose unique d'un hôpital immense en construction là-bas dans l'autre ville qui sera celle du lycée et dans les couloirs duquel on passera deux mois entiers compacts à faire exactement le même geste dans une chambre exactement semblable à celles d'avant celles d'après les seules pauses étant celles du casse-croûte de dix heures pris assis tous en rond les anciens et les jeunes ces premiers tous morts maintenant tous morts sur les seaux lourds de peinture grasse servant aussi une fois vidés puis à nouveau remplis d'eau posés sur des réchauds à gaz larges comme des araignées mortes écartelées à réchauffer nos gamelles dont on découvrait tous le contenu à l'ouverture, toujours ou presque une sorte de bouillie que faisaient les aliments qui quoi que séparés par des sortes de nacelles métalliques destinées à les isoler les uns des autres parvenaient à se mélanger sans doute pour que nous cessions de nous demander ce qu'il y avait au menu, une bouillie, donc, avalée vite pour pouvoir dormir quelques minutes sur un tas de sac de plâtre ou quelque table de chantier repliée et y retourner au geste toujours le même de haut en bas de bas en haut et puis croisé de gauche à droite de droite à gauche ainsi jusqu'à ce que le soir arrive ce retour chaud dans l'estafette restée sous le soleil toute la journée la douche la chambre et puis platine ampli le bras serpent qui se posait sur la galette et puis les heures ensuite yeux au plafond toujours le même encore le même quand tout le reste a disparu.

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