Tombeau #7

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A dire la vérité qui pourrait s'avérer évidemment un beau mensonge, ceux qui écrivent mentent presque tout le temps, à chaque ligne peut-être ils mentent mais souvent en bonne foi, on leur laissera ça, tu n'as plus de traits, le temps avec sa grande main qui prend du sable sur la plage et en frotte nos figures doucement jusqu'à ce qu'elles s'effacent a déjà fait son travail sur les rares petits paquets d'images que j'avais en tête et où tu te trouvais, je ne vois plus en-dedans qu'une barbe de quelques jours, un ventre qui avait poussé, j'avais été surpris, nous nous étions croisés sur la place du village juste sous l'école, je n'avais pas compris tout de suite qui s'avançait, une rapide poignée de main m'avait laissé le temps de reconnaître l'enfant qui ne parlait jamais et ce jour-là n'avait pas dit trois mots, moi pas tellement plus puisque les deux adultes que nous étions n'étaient plus les enfants de la Communale, la poignée de main avait été comme si nous essayions de serrer celles de spectres, nous avions mis fin rapidement au silence en repartant chacun de notre côté, je n'avais pas pensé à ça et puis à toi depuis, nos vies sont des dunes sans fin et sans nulle cesse et toi qui dans l'éternité est maintenant totalement immobile tu es un navire échoué que plus personne ne voit, un vrai vaisseau fantôme, je n'ai que ça à dire en ce soir qui arrive et que tu ne peux pas voir.

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