Lieux #42

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Tout a baigné jusque-là dans une ambiance grise hivernale qui pourrait laisser à croire qu'il n'existe ici qu'un ciel mercure gris dont l'argent cache toujours le soleil derrière maintenant le métal à sa température liquide : ce serait une erreur, l'été aussi arrive comme le couvercle qui vient avec non plus tissé de nuages bas tellement qu'ils se laissent gratter le ventre par les arbres noirs encrés dessus cet horizon bas de plafond mais fait (le couvercle) d'une chaleur sans air tombant sur ceux qui marchent dedans les chaumes de tout son poids, de tout son haut, tellement d'ailleurs qu'on s'arrêtera dessous un arbre, mirabellier tordu de toutes parts, vieillard sans doute que le lichen a recouvert parfaitement, une peau vraiment et sans lifting ajustée ce qu'il faut, dans ce qui semble un verger mort mais qui n'en est pas un, on voit sur l'herbe rase des traces d'auto, plus haut là-bas il y a une faux accrochée à la fourche d'un poirier au ventre renflé et juste après, un demi-cercle fauché sous un prunier qui dit assez que quelqu'un vient préparer le terrain, dégager l'aire, faire ce qu'il faut pour qu'à mi-août et sur l'automne on puisse faire récolte sans avoir à chercher les fruits cachés tombés, il ne faut pas marcher, on les écraserait, on reste sous couvert et l'ombre fait sa boucle noire qui rafraîchit, d'aussi loin que l'on voit il n'y a rien qu'une vallée toute droite laminée de torpeur, il faut attendre encore pour oser repartir, on attendra le temps qu'il faut, de grosses sauterelles vertes gracieuses nous tiennent compagnie, et des abeilles aussi, et le poids de l'écrire quand on sait bien qu'il n'y a rien à dire de ça.

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