Comment je n'ai pas tué François Mitterrand #6

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C'est là sans doute que l'un de nous a évoqué l'idée, tuer le président. Après tout ça se faisait, s'était fait il n'y a pas si longtemps encore de l'autre côté des grandes eaux, chez les américains dont déjà nous voulions tout copier, avec leur président et sa femme dans sa robe rose dont nous avions tous vu les images de la tête éclatant sous les balles, la voiture qui fonce, et cette femme telle une fleur incongrue à quatre pattes sur le capot arrière très long de l'auto tentant de fuir une vision qu'on voit bien tous d'horreur cependant que l'agent de protection à présent inutile et il l'était dès le début essaye de rejoindre son déjà mort de président sous les regards sidérés de la foule au gazon égayée et qu'on imagine dans son immeuble là-haut l'homme déjà mort aussi puisqu'il tombera pareil sous l'oeil des caméras tué à bout portant par un autre à tête de ganster repose son arme qui vient d'abattre donc le président et puis s'éloigne d'un pas sec dur pendant que dans les avenues c'est Dallas ainsi les limousines noires accélèrent pleines sirènes vers un hôpital qui ne pourra rien faire on s'en doute au vu des images — cela on pourrait bien le faire, s'en inspirer, tenter nous aussi et de même de flinguer l'autre qui arrivait chez nous assis sur ses chars russes et rouges, on pourrait bien, et nous tous nous échauffant échafaudions le scénario en nous haussant du col comme savent le faire les garçons à cet âge-là et puis après, je le ferai, et moi aussi, et moi aussi, c'était comme fait, le rouge élu n'avait plus qu'à bien se tenir, nous arrivions.

 

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