Comment je n'ai pas tué François Mitterrand #9

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Le temps passa comme il sait seul faire tombant par blocs énormes dans le saumâtre de lui-même où nous tombons de même et avec lui, collatéraux. Je ne suis jamais monté muni d'une hache à bord du train qui menait alors de M*** la petite ville de garnison à M*** la régionale et puis de là après correspondance sur le quai gris droit à la capitale en trois heures devenues maintenant exactement la moitié moins, ce qui de fait ne change rien pour ceux qui ne montent pas à bord - ladite hache d'ailleurs se cache sans doute toujours, preuve indéniable d'un crime qui n'a pas eu lieu, dans quelque atelier, dans ce fatras d'outils perdus posés en vrac dans les recoins que laissent derrière ceux qui nous meurent ; une hache, donc, qui reviendra bien après ce qui se raconte ici, quand je l'avais déjà oubliée, reviendra donc mais pas exactement, pas la même, juste, en métaphore fascinante, dans ce titre des chevelus dont le leader premier, devenu fou, disparaîtra de la circulation ou presque, je n'oublierai pas de sitôt cette photo exhumée par l'un de ses anciens acolytes dans quelque reportage, et l'étrange bonhomme rond chauve tombé juste de la Lune qu'était devenu le lumineux jeune homme à présent perdu en lui-même nous rappelant à quel point nous sommes sur notre crête, seulement à l'équilibre : tout cela nous éloigne fort du président qui n'avait nul cheveu mais nous en sommes bien loin depuis le commencement.

 

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