Une sorte de journal — 03 octobre 2015

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Je sais que tu es là, je n’écris que pour toi ; rase la lumière entre les nasses, les peupliers, leurs pièges gris d’araignées ; toute une vie bien rangée d’équerre et dire comme penser le contraire pour ne pas avoir crainte de soi ; une fenêtre ouverte encore et puis plus rien, le silence et le vert.

Une île s’éloignant nous regrettions ses rivages bruns ourlés et presque noirs dans la pénombre, le moment du repos ensuite, ce parfum posé dans le coude d’une crique ; je ne veux pas oublier le bruit que ça faisait et puis cette tension, la peau de sable des chimères, certaine promesse sans cesse recommencée ; est-ce cela mourir, laisser tomber le temps ?

Cet impossible de l’être ; c’était marcher le long du bâtiment vieux comme jamais sur un tapis d’aiguilles et puis voir le long du mur bas d'autres murs fermant une cour où tournait tout le temps ; après le devisement nous étions à chacun sa propre impasse.

Ce sont des escarbilles que ces semailles ; imaginer la fin - une vie, cette impression que toutes les lignes du monde sont maintenant des courbes ; combats, et des oiseaux très hauts montant encore jusqu’à dépasser toutes leurs ombres.

Cette vie entre des ombres et la tienne demeurant lumière ; les rires des enfants derrière la haie, la claire fumée de la jachère ; lisser le sable jusqu’à nous effacer ; ceci qui n'a peut-être jamais eu lieu puisqu’il n’en reste plus rien : nous sommes oubli de l’âme.

C'était là-bas jadis je me souviens exactement de ce qu'ils font tous semblant d'avoir oublié ; il y avait un escalier haut et craquant avec la nuit ; nous avions juste dit cela lui et nous disions la même chose lui parce que peut-être que l'on se reconnaît c'était en tout les cas le même dont nous parlions dans la parole basse lente maintenant des claviers — et tout du long j'étais mon pseudonyme.

Myriades air dur noir béton gris l’aube glissante devant visage visages dans un sommeil de retards ; cette mémoire des mains, et les corps et les bois — j'ai gardé quelque chose de toi en pleines paumes.

Les douves frissonnent — moments baignés de lune ; je marche sans faire un geste mais ce n’est pas dans ton silence ; ce que j’attends c’est moi et ce regard parlé sur un banc sec tout embrassé au parc venu d'automne ; ce serait des carnets emplis de vide, le plein du vide.

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