Une sorte de journal — 03 juin 2016

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J’ai jeté mes chaussures, je n’ai plus nulle part où aller ; le ciel et ses géants, l'allée où tout revient après les rosiers rouges, la robe dans le lointain ; tu sais, c’est encore la saison, le tilleul fou — je ne suis jamais moi.

Il y a tellement de mots, je ne sais où aller — le web qu'on picore, c'est des miettes partout qui sont un pain après germant tout seul la nuit ; juste des trouées vagues d'un bleu encore lavé puis ça commence bref à grandes gifles froides ; quelque chose va venir, la vallée s'est noyée.

Le parlement des silencieux ; le vin, un pain sec et de seigle, sa râpe garde ma bouche ; nous marchons émoussant nos sentiments et rien après, les limbes.

Un foudroiement de langue ; une lutte dans le gravier, les genêts en lisière, bagarre, bagarre, la crue ; c'est une source, ce mystère des mots, deux bonnes soeurs à cornette.

Cette folie chevrefeuille du plus loin qu’on venait ; enfants nous étions grands ; j'ai vu des milliards de nos étoiles — je t'oublie là comme toi et tu n'entends plus rien.

Nina Simone, Mister Bojangles

Cette manie d'amputer les morts ; à peu de mots, se surnager ; je dis la vitre qui me sépare du monde.

Ce temps aux écuries tout harnaché et la carriole, plus de chevaux, leurs sons, plus rien — des siècles dans le manège ; à l'écluse canotiers passant à ras puis une voile entre les arbres au loin doucement, les osiers une bouteille, le chien dedans la fête jappant, il pouvait bien chanter ; la paix le soir, nous avions mis bas voiles. 

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