Cinquante #7

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Je sais qu'il n'a plus rien ou bien plutôt qu'une nouvelle tour est là, je l'ai même vue de pas très loin, de l'autre côté de la rivière et cette dernière fois nous regardions monter doucement le long du verre une plateforme, un chargement tiré là-haut par une grue dont on voyait à peine puisqu'elle était réellement dans les nuages, la flèche, je sais que tout s'est effondré, nous savons tous où nous étions ce jour-là et comment c'est entré dedans nos vies et puis nos yeux et moi c'est par un messager cet enseignant de mathématiques qui ne me parlait que peu mais s'est rué dans mon bureau sans même frapper et a jeté plutôt balbutié quelque chose qui disait terroristes avions et puis même New York ses yeux exhorbités son visage rouge j'ai cru vraiment qu'il avait une attaque un AVC j'ai pensé brut il ne doit pas prendre sa classe mais c'était vrai tout le monde sait les images par la suite pourtant des images de guerre des attentats c'est devenu monnaie courante mais cet effondrement personne pour l'oublier le nuage gris noir de la haine roulant dedans les rues nous avions tous envie de fuir.

L'image date déjà on voit encore les grues tout le chantier c'est une image du passé posée encore sur le passé je voudrais là être là-bas marcher dans le petit jardin si calme derrière l'église avec ses tombes rongées même si quand on marche là-bas on sent les morts ceux sous la terre et ceux des tours, on sent les morts — le 11 septembre c'est tous les jours.

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