Une sorte de journal — 02 octobre 2016

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Dans la tête du mort, ce bout de de phrase tombé tout seul, on dirait un fruit mûr, une figue qui n'attendait que ça ; dans tout mon corps ça craque doucement, gréément, le bois qui travaille toujours ; de la maison carrée je vois un ciel sans faille.

D’un vide à l’autre le fil ; ce sont plaines à plat et le fleuve dedans tracé de mine bleue, de sable aussi ; là-bas un autre temps flou de distance.

Des jours à vide esprit, la brume où l'on patauge, une bauge suivie par le crissement, la nuit venant — nos ailleurs penchent chaque matin plus ; voir ce qui demeure invisible.

Le grand plongeon, faillite sans yeux, pas plus pilotes, rien mais le vent ; comme marcher à propre rebours, et traces blanches dans la neige noire ; lavande, lavande, tu as visage de pierre d'os.

À force mots sans mortier ; c'était je crois là-bas au bout du monde une tempête lente puis grise, un chien courant la jetée décharné, ses os d'embruns jeté de tous côtés ; tu ne sais pas les images que tu laisses.

Bataille blanche au bleu, les cris les virevoltes, se battre dans tout cet air, étrange idée quand même ; l'instant où s'éloigner et marcher lentement ; j'ai amour des lichens, cette tenacité, leur persistance de pierre.

Je n'ai plus grand chose à redire, j'ai juste des mots à ranger dans un ordre qui n'est que mon désordre (chaque jour je vois de mieux en mieux ce qui est réellement de trop, je vais vers un infime silence, une pacotille, quatre billes dans l'eau d'un seau de plage) ; de peu et il venait à m'attraper depuis son mur, j'ai presque eu peur ; j'avance dans mes Cinquante, une telle exploration, j'en suis la carte aveugle.

Il faut nourrir les morts — pas une phrase douloureuse, juste un constat venu de loin dedans ; la première fois, voir l'océan, et croire qu'il était tombé droit dans l'horizon ; ils marchent au bord du monde comme s'ils allaient vers quelque part.

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