Révisions pour « Une sorte de journal — 2016 »

Onglets principaux

RévisionActions
dim, 03/13/2016 - 16:39 par dbourrion
Ceci est la version en ligne.
dim, 03/13/2016 - 16:32 par dbourrion
dim, 03/13/2016 - 16:32 par dbourrion

(La rente de la honte) ; je ne serais donc jamais passé de l'autre côté de ce mystère, aucune brèche pour moi ; une île, et puis au loin une douleur de naufragé, ce qui n'a pas eu lieu — nous sommes toujours cet indécis.

Je ne peux chaque jour creuser si loin, tout déplier, la matière est friable et la langue trop dure, on dirait du métal ; cet inutile labeur qui se poursuit sans que l'on puisse y faire ; dans l'espace reste quelque chose que tu laisses et que je vois.

Un bloc sans paroles et tout est dit maintenant ; à relire tous mes livres, je n'ai plus souvenir d'aucun ; pendant que des bourrasques secouent le court genêt juste à l'orée soudain voilà qu'il devient un prunier — par là-bas d'où je viens son nom est un nom autre emmitouflé de loques, j'ai oublié aussi.

Une distance à mesure de cette ancienne proximité ; le vert, partout, le vert ; là-bas coule la rivière, sa simple rectitude.

Terreau, j'y plante mes mains, plus de poignets, plus rien — mes mains ; ne plus jamais écrire, ce serait vrai mourir ; tu es galets dans ma poche cachés, autant de pierres que d'univers, ces moments derrière les persiennes.

Ce geste de temps qui passe ; je marchais dans les rues cherchant ; ce n'est jamais le juste visage.

Pas toi mais ton ventre sous la pluie ; on voit de l'autre côté de mystérieuses machines qui devisant font phares ; la dernière fois est déjà loin et tu sais d'autres chemins, veilleur, marée encore.

Le même monde à peu, une boule ronde ; j’ai dormi dans mes arrière-cours ; ce sentiment de liens lentement distendus, toute une solitude au bout ; ce que je vois je ne veux pas le dire.

C'est une meute de quatre-vingts leur nourrissement traverse la rivière — on cherche vainement comment en réchapper ; maintenant trouver un fleuve de sable là où coulaient vos eaux ; ce sont effondrements, sans traces d'abord, elles viennent d'un coup.

Dans la tête du mort, ce bout de de phrase tombé tout seul, on dirait un fruit mûr, une figue qui n'attendait que ça ; dans tout mon corps ça craque doucement, gréément, le bois qui travaille toujours ; de la maison carrée je vois un ciel sans faille.

Pages

Licence Creative Commons