Bibbook

Suite à ce billet de Silvère Mercier, et à ces échanges sur Facebook,
la compil restructurée de mes commentaires, pour mémoire.

 En résumé, le point de départ, c'est la démission de Silvère, si j'ai bien compris, parce que le projet de réseau social ADBS/ABF tourne en rond depuis des plombes.  

Mon avis est le suivant (et je suis en accord avec moi-même, un bon début) :

  • une asso pro ne peut pas monter un tel réseau : ça ne peut pas être une démarche top-down, ça ne peut être qu'une démarche qui, partant d'un local, s'élargit en horizontal parce que la mayonnaise prend (ou pas) ;
  • c'est cela que les assos pro ne comprennent pas ;
  • et qu'elles comprennent d'autant moins, pour ce qui concerne le net, que la plupart de leurs membres et/ou 'cadres' ne sont pas sur le net.

Accessoirement, vouloir monter un réseau ex-nihilo, quand allez, 75 % des pros en bibs n'ont pas la moindre pratique des réseaux sociaux de base (entendez, Facebook), ça me semble voué à l'échec d'emblée ;

Sans doute qu'une vraie présence, active, des assos pros, sur les réseaux existants, serait déjà un début (histoire d'acculturer par la pratique leurs adhérents à ces outils), mais on est très très loin de cela. On est donc face à ce paradoxe d'assos pros qui veulent monter à l'abordage d'un continent dont elles n'ont aucune connaissance... 

 Dans le cas où quand même, on voudrait monter un tel réseau Pro, il suffisait de monter hors assos (elles ne sont plus crédibles sur tous ces points) un outil ad hoc - rien de compliqué techniquement, un WP-Mu + Buddypress ou un bon Drupal suffisent largement sur n'importe quel serveur. Ensuite, si ça prend, les assos peuvent payer l'hébergement et voilà.

Ce que je veux dire, in fine, c'est qu'on ne peut pas espérer des structures du siècle dernier, de nous aider à entrer dans ce siècle.

#CQFD

PS : aussi : on ne peut plus travailler en logique de on prévoit tout, on recense les besoins, on monte l'outil ; c'est l'inverse qui doit se faire : on prend un outil 'scalable', on le propose aux usagers, et on l'adapte ensuite à leurs besoins en collant des briques ; or typiquement, les assos sont sur le premier modèle, c'est forcément voué à l'échec.

PS2 : la démarche petit outil qu'on upgrade si ça marche évite aussi de s'épuiser dans le vide ; et d'investir trop de temps, d'argent et d'énergie ; du coup, si ça foire, c'est moins douloureux à arrêter, on remballe les gaules et voilà. Ne jamais oublier : les pyramides se construisent pierre à pierre, on les livre pas montées :))

PS3 : en réponse à Silvère qui disait "Qui aide à l'implantation d'usages pour favoriser le changement vers des collectifs qui ne sont pas déjà connectés? ", je n'ai que cela à dire : personne ne le fera ; les collègues y viendront seuls, ou n'y viendront pas - dans ce cas, tant pis (pour eux et pour tout le monde parce que c'est de la perte de richesse humaine, mais tant pis). 

Pour ma part, j'ai cessé de vouloir sauver le monde des bibs (gaffe au syndrome de Superman, le premier truc qu'on m'a appris comme CPE) et surtout, ceux qui n'en ont pas envie. 

Une bonne partie des collègues veulent rester en dehors de tout cela, pour plein de raisons (qui les regardent et dont la plupart son honorables) : qu'ils restent en dehors de cela puisque c'est leur choix. Il y a déjà assez à faire avec ceux qui veulent bouger.

Pour les autres, tant qu'il n'y aura pas de demande et de volonté réelle de leur part (j'entends, le genre de volonté adulte qui fait que tu te prends en main au lieu d'attendre qu'on te prenne la main), alors c'est inutile d'essayer de les forcer à aller où ils ne veulent pas aller.

En conclusion : des mutations comme celle que nous vivons, massives, ont forcément des 'dommages collatéraux', voient forcément des fossés qui se creusent. C'est la vie.

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